Pascal Paepen
Expert financier indépendant
Épargner et investir vous semble complexe ? Ça ne devrait pas être le cas ! 
L’expert financier Pascal Paepen apporte des réponses limpides à d’importantes questions d’argent. 

« Nos enfants vivront encore mieux que nous. Ne versons pas dans le catastrophisme. »

« Les gens disent souvent sur un ton nostalgique que c’était mieux avant. Heureusement, cette plainte est souvent injustifiée. Grâce aux avancées technologiques, au développement du commerce global et à l’amélioration des soins de santé, le bien-être semble n’avoir jamais été aussi haut qu’en ce moment. Il est évidemment possible de faire bien mieux, mais chaque jour, beaucoup y travaillent. Nous pouvons être tranquilles. Nous enfants vivront encore mieux que nous. Ne versons pas dans le catastrophisme. »

Épargner était plus simple avant

« Cette évolution globalement positive n’a pas empêché le fait que certaines choses sont plus compliquées actuellement. Et l’épargne en est un exemple. Dans le passé, il était relativement simple de se construire un « bas de laine », tandis qu’aujourd’hui, cela demande beaucoup plus de compétences. Il y a 10 ans encore, il suffisait de verser régulièrement de l’argent sur votre compte épargne. La banque vous accordait alors des rendements modestes, mais corrects. S’il vous arrivait de manquer d’argent un temps, vous achetiez un bon de caisse et profitiez pendant 5 ou 10 ans d’un intérêt considérablement plus haut que celui de votre compte épargne. C’était la logique même : plus vous « mettiez de côté » longtemps dans un bon de caisse ou une obligation, plus le rendement était important. Les économistes appellent ça une ‘courbe des taux ascendante’ ».

Le monde à l’envers

« Malheureusement, nous ne connaissons plus ce phénomène aujourd’hui. Les taux n’ont jamais été aussi bas qu’actuellement. Dans notre pays, les banquent octroient généralement des taux de seulement 0,11 % sur un compte épargne. Et si ce n’avait pas été le minimum légal, ceux-ci seraient sûrement encore plus bas aujourd’hui. Des taux de 3 ou 4 % sur un compte d’épargne, cela n’existe plus. Pourquoi ? Les banques ne veulent-elles plus rien nous laisser ? Si, mais les banques et les compagnies d’assurances dépendent uniquement du taux du marché. Et, plus que jamais, celui-ci est défini par les banques centrales. Ces banques centrales sont les banques des banques. Et elles conservent ces taux vraiment bas. Ce n’est pas uniquement le cas en Belgique et en Europe : il s’agit d’un phénomène mondial. Pourtant, la situation européenne est réellement extrême. La Banque Centrale Européenne (BCE), fixe le taux de la zone euro. Et celui-ci est carrément négatif ! Le taux d’intérêt appliqué aux dépôts est de -0,40 %. Concrètement, cela signifie que si une banque belge place un surplus d’épargne auprès de sa banque, la BCE, cette banque belge ne recevra aucun rendement mais devra même payer une indemnité de 0,40 %. On dirait bien que c’est le monde à l’envers. »

 

Un problème de dettes mondial

« Ces taux historiquement bas – voire négatifs – sont une nouvelle réalité. Ils découlent de la crise du crédit qui a commencé en 2007. 10 ans ont passé, mais il ne semble pas qu’un grand changement arrive d’ici peu dans la politique des taux des banques centrales. L’intérêt est maintenant au plus bas en raison d’un problème mondial en matière de dettes. Certains familles et entreprises – mais avant tout des gouvernements – ont atteint une dette aujourd’hui bien trop élevée. Au niveau mondial, on compte plus de 135 000 milliards d’euros de dettes. Et ce trou dans la caisse ne fait que s’agrandir ! Les banques centrales tentent de régler le problème en conservant des taux très bas. Afin que ce problème n’ait plus jamais lieu, cette politique des taux bas risque de durer encore longtemps.

Gagner plus en « mettant de côté » votre capital pendant 5 ou 10 n’est plus d’actualité non plus. Les banques centrales font tout pour conserver les taux à long terme au plus bas. Elles rachètent déjà des dizaines de milliards d’euros de dettes publiques et d’obligations d’entreprises. Voilà pourquoi le taux à long terme est en ce moment vraiment bas. C’est aussi ce qui explique pourquoi vous ne touchez que peu d’intérêts avec un bon de caisse, un bon d’état, un compte à terme ou une assurance-vie de branche 21. »

Tout est 2 % plus cher

« Les épargnants sont consternés et se sentent mal à l’aise avec cette nouvelle réalité. Et c’est compréhensible. Beaucoup de gens restent dans l’attentisme. Ils préfèrent ne rien faire pendant un temps et laisser leurs économies sur un compte épargne dans l’espoir de jours meilleurs. Ce n’est pas une bonne option. Car, entre-temps, notre argent épargné perd de la valeur, même si le taux de notre compte d’épargne nous rapporte 0,11 %. Ceci est dû à l’inflation. Dans notre pays, celle-ci s’élève en ce moment à environ 2 %. En un an, la vie devient donc en moyenne 2 % plus chère. Vous pourriez donc également dire que l’argent perd 2 % de sa valeur. Ou que vos économies devraient fructifier de 2 % au moins pour garder intact le pouvoir d’achat de votre épargne. Malheureusement, ces 2 %, vous ne les atteindrez pas en plaçant toute vos économies sur un compte d’épargne ! Les attentes concernant l’inflation future ne sont pas aussi positives. Le prix du pétrole et ceux des autres matières premières ne font que grimper. La vie devient donc de plus en plus chère. »

La solution pour vos économies ?

« Nous ne pouvons surtout pas nous décourager d’épargner. Même si certains économistes et politiciens souhaitent que nous dépensions beaucoup d’argent, il reste prudent de garder un bas de laine pour nos lendemains. Mais à la différence des comptes à terme, des bons de caisse et des assurances de branche 21, il faut désormais diversifier son épargne. Le cash et les produits à taux fixe ont trop peu de rendement, et cela sera malheureusement le cas pendant des années. Qui veut être prévoyant devra donc répartir ses économies entre différentes possibilités d’investissement comme il en existe aujourd’hui. Les fonds d’investissement et une assurance branche 23 sont une bonne option. À court terme, cette solution est certes un peu plus risquée que les comptes d’épargne et les bons de caisse. Mais par contre, vous savez que ce plus grand risque sera récompensé à long terme par un meilleur rendement. Et ce rendement sera plus élevé que l’inflation : vos économies, à long terme, ne resteront pas comme telles mais augmenteront même. »

« Qui est sensé répartit ses économies entre différentes possibilités d’investissement comme il en existe aujourd’hui. »

Pas appris à investir ?

« Pourquoi les Belges détiennent-ils alors le montant record en accumulant un gros 260 milliards d’euros sur des comptes d’épargne ? C’est parce que nous n’avons jamais appris à investir. Et l’inconnu fait peur. La mentalité ‘compte épargne et bon de caisse’ est ancrée profondément dans la mentalité de l’épargnant belge. Nous tenons à nos petites habitudes et changeons très lentement. De plus, médias et politiques noircissent les dangers et les problèmes liés à l’investissement, ce qui ne traduit pas la réalité. Et cela fait peur. Cette crainte est largement infondée. Les personnes sensées savent qu’il leur faut s’adapter à la nouvelle réalité. Ils ne restent pas assis sur leur trésor et s’informent sur les différentes formes d’épargne et sur les risques liés à celles-ci. Puisse ceci vous faire prendre cette bonne résolution : vous y mettre aussi ! »

Pascal Paepen, financial expert

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