Pascal Paepen
Expert financier indépendant
Comment tirer un rendement élevé de son épargne ?

Aujourd’hui, un livret d’épargne traditionnel d’une grande banque belge ne rapporte que 0,11 % d’intérêts, soit le minimum légal. Ces intérêts se composent en grande partie d’une prime de fidélité (0,10 %) qui s’applique uniquement si l’épargnant laisse son argent sur son compte pendant une période ininterrompue d’au moins un an. Dans le cas contraire, il bénéficie uniquement du taux de base. Ce taux, qui atteint péniblement 0,01 % sur une base annuelle, est tellement faible que de nombreux épargnants recherchent des solutions alternatives plus favorables en termes de rendement. Mais quelles sont ces formules alternatives ? Que rapportent-elles ? Sont-elles fiables et valent-elles la peine ? Qui cherche trouve !

Le jeu de la concurrence

Les organismes financiers sont des institutions commerciales qui obéissent donc à une logique de concurrence. Il leur arrive par conséquent de faire un geste pour gagner les faveurs d’un épargnant. Par le passé, il fallait pour l’essentiel se tourner vers des acteurs relativement modestes pour trouver des tarifs avantageux destinés à chiper des clients à la concurrence. Actuellement, la différence de taux entre les banques est toutefois particulièrement limitée. Cette réalité s’explique par le fait que pratiquement toutes les banques disposent d’excédents d’épargne, et ce quelle que soit leur taille. Cet excédent, les banques doivent le déposer sur leur compte auprès de la Banque centrale européenne (BCE), la ‘banque des banques’, qui y applique un taux négatif de… moins 0,40 % ! Plus l’excédent est important, plus la banque y perd. De plus, au-delà de ce taux défavorable, les banques doivent également payer une taxe bancaire sur l’argent de l’épargne dont elles disposent. Il est donc logique qu’elles ne se battent pas pour attirer des épargnants potentiels. Les dirigeants des grandes banques se plaignent même du taux minimal de 0,11 % sur les comptes d’épargne réglementés, qu’ils jugent trop élevé. Les très grands épargnants (riches particuliers et certaines entreprises) ne bénéficient même pas de ce faible taux minimal.

Si malgré tout une offre intéressante se distingue, celle-ci est généralement limitée dans le temps et en termes de montants autorisés. Si une banque offre un taux de 2 %, ce dernier ne s’applique par exemple que pendant quelques mois. Après 3 mois, l’épargnant ne reçoit alors ‘plus que’ 0,50 % de rendement. Ce taux n’est pas insignifiant, mais une telle offre ne suffit généralement pas pour inciter un client à changer de banque.

Les étoiles montantes de l’internet

Les principaux concurrents des banques traditionnelles sont des acteurs relativement jeunes, généralement des banques étrangères, qui permettent uniquement d’ouvrir un compte en ligne. Leur structure de coûts plus légère leur donne la possibilité de proposer un taux plus élevé que celui offert par les banques ‘physiques’. En réaction à l’apparition de ces nouveaux acteurs, les banques ont choisi de proposer des comptes d’épargne en ligne avec des intérêts plus élevés. Mais les banques en ligne n’ont pas échappé à la baisse généralisée des taux ces dernières années. Au final, les comptes d’épargne en ligne actuels offrent à peine plus que le minimum légal. Une exception prévaut toutefois, avec la banque maltaise Izola, propriété du groupe Van Marcke, un grossiste en installations sanitaires. Cette banque propose encore un compte d’épargne non réglementé qui offre un taux de 0,70 % net après précompte mobilier. Ce compte est toutefois soumis à la réglementation maltaise en matière de garantie de dépôt d’épargne, ce qui effraye plus d’un épargnant.

Épargner peu mais régulièrement, ça rapporte

Ces dernières années, les banques ont activement promu ce que l’on appelle les plans d’épargne. Les clients qui ouvraient un compte d’épargne spécial et y versaient un certain montant tous les mois ont pu de la sorte bénéficier d’un rendement qui valait encore la peine : ‘Ritmo’ pour la Banque de la Poste, ‘Start 2 Save’ chez KBC et Compte Étoile chez Fortis. De tels comptes proposaient un rendement relativement appréciable et présentaient donc un intérêt pour ceux qui étaient en mesure de mettre un peu d’argent de côté tous les mois. Malheureusement, le montant maximal de dépôt était restreint : la plupart des banques ne permettaient en effet aux épargnants que de verser un maximum de 500 euros tous les mois. Les personnes qui disposaient par exemple d’une somme de 20.000 euros sur un compte d’épargne classique ne pouvaient donc pas transférer l’intégralité de ce montant en une seule opération, mais bien en 40 versements mensuels de 500 euros.

Fin 2016, début 2017, plusieurs banques ont malheureusement annoncé qu’elles ne proposeraient plus ce type de compte aux nouveaux clients. Les clients existants pouvaient maintenir leur plan d’épargne, mais ils ont dû faire face à une importante baisse des taux. L’attrait du plan d’épargne a donc fortement diminué. Le DB Saving Plan offre actuellement (mars 2017) encore et toujours un taux de 1,20 % (0,90 % de taux de base + 0,30 % de prime de fidélité), ce qui en fait le plus intéressant de sa catégorie.

Placer son épargne chez un assureur

Dans le secteur financier, les frontières entre les différentes branches ont tendance à s’estomper. Vous pouvez par exemple vous adresser à votre banquier pour souscrire un contrat d’assurance, mais aussi vous tourner vers un assureur pour gérer votre épargne. Dans bien des cas, cette démarche présente un avantage. Une personne qui souscrit une assurance-vie de la branche 23 et qui peut se passer de son épargne pendant au moins 8 ans peut, tout comme avec les comptes d’épargne réglementés, épargner sans avoir à payer de précompte mobilier sur son bénéfice. En soi, c’est déjà un avantage fiscal très intéressant ! Revers de la médaille, une taxe sur les assurances de 2 % s’applique à chaque versement effectué sur les assurances-vie exonérées de précompte mobilier.

Tout comme la banque, l’assureur offre à l’épargnant une garantie de dépôt de maximum 100.000 euros. Même si la compagnie d’assurances devait faire faillite, l’épargne serait garantie. Safety first !

Toutefois, à l’instar d’autres produits d’épargne, le taux garanti sur les assurances-vie de la branche 21 sont tributaires du taux du marché. Ce taux garanti est donc particulièrement faible. Mais, contrairement à ce qui prévaut pour un compte d’épargne, l’épargnant qui se tourne vers un assureur peut également profiter de la participation bénéficiaire en complément du faible taux d’intérêt. Cette participation bénéficiaire est censée renforcer l’attrait du produit.

Conclusion

  • En cherchant bien, il est possible de trouver sur le marché des produits d’épargne qui offre un rendement sensiblement supérieur au minimum légal applicable au compte d’épargne réglementé (0,11 %).
  • Les produits d’épargne à haut rendement n’ont pas échappé à l’environnement de faibles taux d’intérêt, ce qui a fortement fait baisser les profits générés ces dernières années. Nous pensons que le taux appliqué aux produits d’épargne continuera de baisser dans un avenir proche.



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